Hypertension artérielle : Quels Risques pour Nos Dents ?

L’hypertension artérielle, ou HTA, est la plus fréquente des pathologies chroniques en France. On estime qu’environ 1 français sur 3 en serait atteint et la moitié d’entre eux n’en ont même pas connaissance puisque c’est une maladie qui évolue à bas bruit. Non prise en charge, l’HTA entraîne des complications mortelles, notamment l’infarctus du myocarde (IDM) et l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Par ailleurs, cette pathologie cardiovasculaire est étroitement liée à notre santé dentaire ! Nutrident.fr s’est donc penché sur le sujet et vous dit tout ce qu’il y a à savoir à propos de celle qu’on surnomme « the silent killer » (le tueur silencieux).

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

La «pression artérielle » ou « tension artérielle » est la force qu’exerce le sang sur les parois des vaisseaux sanguins. Lorsque celle-ci dépasse un certain seuil de façon permanente, on parle d’hypertension artérielle.

Chez un adulte normal, la pression artérielle systolique ou « PAS » (lorsque le coeur se contracte) est inférieure à 140 mmHg (millimètre de mercure, unité de mesure de la pression) et la pression artérielle diastolique ou « PAD » (lorsque le coeur se relâche) est inférieure à 90 mmHg.

Chez un sujet hypertendu :

  • On parle d’hypertension artérielle systolique lorsque la PAS est supérieure à 140 mmHg tandis que la PAD reste normale (<90 mmHg) sur des mesures répétées ;
  • On parle d’hypertension artérielle diastolique lorsque la PAD est supérieure à 90 mmHg tandis que la PAS reste normale (<140 mmHg) sur des mesures répétées ,
  • Et lorsqu’il y a une élévation de la PAS ainsi que de la PAD sur des mesures répétées, on parle d’hypertension artérielle mixte (PAS > 140 mmHg et PAD > 90 mmHg).

Quels sont les symptômes de l’hypertension artérielle ?

Dans la grande majorité des cas, l’hypertension artérielle ne se manifeste par aucun signe clinique. Elle est alors diagnostiquée à l’occasion d’une consultation médicale de routine ou pour une autre pathologie (découverte fortuite).

Néanmoins, certains signes peuvent vous mettre la puce à l’oreille. Ce sont ces mêmes symptômes que votre médecin va rechercher lorsqu’il vous interroge et vous examine. En voici les plus fréquemment observés :

  • Des céphalées siégeant au niveau de la nuque, à l’arrière ou au sommeil de la tête ;
  • Des étourdissements et des vertiges ;
  • Des troubles de la vision tels que le brouillard visuel, impression de mouches volantes ;
  • Des bourdonnements au niveau des oreilles ;
  • Des sensation de fourmis au niveau des extrémités (engourdissements des doigts, mains, orteils, pieds) ;
  • Fatigue permanente et confusion ;
  • Une épistaxis (saignement extériorisé par le nez) ;
  • Des hémorragies au niveau des conjonctives ;
  • Une tendance à avoir des crampes musculaires ;
  • Mictions fréquentes ;
  • Des essoufflements : c’est un signe d’insuffisance ventriculaire gauche, elle fait suite à une hypertension artérielle chronique.

Comment se fait le diagnostic d’une hypertension artérielle ?

Lorsque vous êtes chez le médecin et que celui-ci retrouve une pression artérielle élevée, il va réaliser plusieurs mesures dans diverses conditions : au repos et après un effort, en position allongée, en position assise, debout, à chaque fois en mesurant la tension au bras gauche et au bras droit.

Dans le cas ou l’hypertension artérielle est labile, c’est-à-dire qu’il existe une alternance entre pression artérielle normale et HTA au cours de la journée, le médecin peut avoir recours à la MAPA (Mesure Ambulatoire de la Pression Artérielle). Cet examen, qui est une sorte de tensiomètre qui se gonfle automatiquement à intervalles réguliers (généralement chaque 15 minutes le jour et chaque 30 minutes la nuit) relié à un boîtier électronique qui enregistre les chiffres tensionnels. Après traitement de ces derniers grâce à un logiciel spécial, le diagnostic d’HTA et soit retenu soit éliminé. La prise en charge dépend alors des résultats de cet examens simple et efficace.

De nos jours, tout le monde peut avoir accès à un tensiomètre et chacun peut surveiller lui même sa tension artérielle et celle des membres de sa famille ou de ses amis. Cela permet de dépister précocement cette maladie afin qu’elle soit prise en charge correctement et de prévenir ses redoutables complications. D’autant plus que l’auto-mesure est plus fiable qu’une mesure chez le médecin car elle permet d’éliminer « l’effet blouse blanche » (l’anxiété devant le médecin augmente la pression artérielle et peut donner une fausse idée sur cette dernière).

Quels sont les facteurs de risque de l’HTA ?

Une hypertension artérielle peut être favorisée par les facteurs suivants :

  • Un régime alimentaire riche en sel ;
  • La sédentarité ;
  • Le stress ;
  • La surcharge pondérale ;
  • La consommation d’alcool et de tabac ;
  • La consommation abusive de réglisse noires ;
  • La pilule contraceptive ;
  • Les chocs émotionnels à répétition ;
  • Le traitement par certains médicaments : corticoïdes à long terme, les anti-VEGF, l’érythropoïétine…

 

Ces facteurs de risque sont tous modifiables, c’est-à-dire qu’il est possible de les supprimer pour prévenir l’apparition de l’HTA.

Une hypertension artérielle peut également être observée au cours d’une grossesse, on appelle cela « l’hypertension gravidique ».

Qu’est-ce qui peut être à l’origine d’une HTA ?

Dans la grande majorité des cas, l’hypertension artérielle est dite idiopathique ou « essentielle ». Autrement dit, aucune cause n’est retrouvée. Le traitement est alors purement symptomatique, c’est-à-dire qu’on donne des médicaments anti-hypertensifs pour faire baisser la tension artérielle.

Dans certains cas, l’hypertension artérielle est secondaire à une pathologie qui, une fois traitée, fera disparaître l’HTA. En voici quelques-unes de ses pathologies :

HTA d’origine rénale

Il existe de nombreuses pathologies rénales à l’origine de l’HTA, étant donné que les reins jouent un rôle important dans la régulation de la pression artérielle :

  • La glomérulonéphrite ;
  • La glomérulopathie diabétique ;
  • La goutte (maladie métabolique caractérisée par une accumulation d’acide urique dans le sang) ;
  • La polykystose rénale (développement de kystes au niveau des reins) ;
  • La pyélonéphrite chronique secondaire une infection urinaire chronique ou répétée ;
  • La sténose de l’artère du rein ;
  • La tuberculose rénale.

HTA d’origine surrénalienne

On peut citer à tire d’exemple :

  • Le syndrome de Cushing (excès de cortisol dans le sang) ;
  • Le syndrome de Conn (excès d’aldostérone) ;
  • Tumeur secrétant de l’adrénaline (phéochromocytome).

Une hypertension artérielle peut-elle être d’origine dentaire ?

Une étude américaine réalisée sur une cohorte de femmes ménopausées a mis en évidence une augmentation du risque d’HTA de 20% chez celles qui ont perdu une ou plusieurs dents.

À priori, les dents n’ont aucun rapport avec la régulation de la tension artérielle. Alors comment expliquer ces résultats ? Les scientifiques ont émis l’hypothèse selon laquelle la perte dentaire entraîne des changements dans le régime alimentaire. En effet, les personnes qui perdent leurs dents ont de plus en plus de difficultés à mâcher. Ceci les pousse à consommer des aliments transformés, ces derniers étant plus faciles à mastiquer mais bourrés de sel, qui est l’un des principaux facteurs de risque modifiables de l’HTA.

L’hygiène dentaire et la surveillance étroite des personnes à risque de perte dentaire sont alors des moyens de prévention très importants de l’hypertension artérielle.

Quelles sont les complications de l’HTA ?

L’hypertension artérielle doit absolument être traitée même en l’absence de symptômes, car à long terme, elle représente un danger sur plusieurs organes :

Le coeur

Lorsqu’il existe une pression artérielle élevée au niveau des vaisseaux sanguins, le coeur doit fournir plus d’effort pour pouvoir pomper le sang. Ces cellules, appelée cardiomyocytes, vont alors s’hypertrophier (augmenter de volume) pour être plus puissantes. Mais avec le temps, ces cellules meurent et cela provoque une insuffisance cardiaque. C’est-à-dire que le coeur n’est plus assez puissant pour accomplir sa fonction correctement.

Le cerveau

Les changements qui s’opèrent au niveau des parois des vaisseaux cérébraux peuvent entraîner des obstructions ou des ruptures artérielles. Une hypertension artérielle peut donc causer à long terme un accident vasculaire cérébral hémorragique ou ischémique.

Les reins

L’hypertension artérielle chronique altère progressivement les parois des artères rénales. Ces dernières durcissent et perdent leur élasticité. Ceci va conduire, à terme, à une insuffisance rénale.

Les vaisseaux sanguins

Les vaisseaux qui sont soumis à des contraintes permanentes subissent des remaniements progressifs. Ils deviennent moins élastiques et plus rigide, C’est ce qu’on appelle l’artériosclérose. Cette dernière sera alors à l’origine de nombreuses pathologies graves, notamment l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), l’accident vasculaire cérébral (AVC) et l’infarctus du myocarde (IDM).

Les yeux

L’altération des vaisseaux rétiniens abîme la rétine, C’est ce qu’on appelle la rétinopathie hypertensive. Cette dernière peut conduire à la cécité (perte de la vue).

Comment est traitée une HTA ?

Le traitement de l’hypertension artérielle repose sur deux principaux piliers : les règles hygiénodiététiques et les médicaments.

Les règles hygiéno-diététiques

Elles sont toujours indiquées, quel que soit le degré de l’hypertension artérielle. Elles représentent même le seul traitement prescrit au cours d’une HTA légère ou minime.

Ce sont ces mêmes règles qui sont recommandées dans la prévention de l’HTA, c’est-à-dire que tout le monde devrait les appliquer pour éviter la survenue de cette affection extrêmement fréquente et aux complications gravissimes. Elles sont d’autant plus importantes chez les personnes à risque d’HTA, notamment ceux ayant des antécédents familiaux d’HTA précoce

Voici quelques-unes de ces règles :

  • Diminution sa consommation de sel : le sel est caché dans de nombreux aliments, il faut donc le traquer quotidiennement en vérifiant les étiquettes des différents produits que vous consommez.
  • Consommer 5 fruits et légumes par jour, comme cela est recommandé par l’OMS.
  • Limiter sa consommation d’alcool et de caféine ;
  • Arrêter le tabac ;
  • Faire le plein d’oméga 3 : en consommant de l’huile de foie de morue, du maquereau, du saumon, du hareng…
  • Consommer régulièrement de l’ail qui est reconnu pour ses vertus régulatrices de la pression artérielle ;
  • Pratiquer une activité physique régulière d’intensité modérée comme la marche à pied, la natation, le jardinage…
  • Perdre du poids : cela passe notamment par un régime alimentaire équilibré et l’exercice physique ;
  • S’éloigner le plus possible du stress ou le gérer grâce à diverses méthodes de relaxation (respiration abdominale, méditation, des séances chez le psychologue…).
  • Avoir une hygiène buccodentaire irréprochable pour éviter les maladies parodontales et chutes dentaires (reconnu comme facteur favorisant le développement de l’HTA).

Les traitement médicamenteux

Parfois, les mesures hygiéno-diététiques seules ne suffisent pas à obtenir des chiffres tensionnels satisfaisants. Il est donc nécessaire de recourir à des médicaments antihypertensifs. L’amélioration de l’hygiène de vie reste quand même indiquée car cela permet de réduire la posologie des traitements prescrits. Une approche globale est toujours de rigueur lors de la prise en charge de cette pathologie.

Voici les médicaments les plus utilisés pour traiter une HTA :

  • Les diurétiques : il agissent au niveau des reins en favorisant l’élimination d’eau et de sel par les urines.
  • Les inhibiteurs calciques : ils agissent au niveau des vaisseaux sanguins en provoquant leur dilatation (vasodilatateurs).
  • Les bêtabloquants : ils agissent au niveau du coeur en abaissant la fréquence cardiaque et en diminuant la force des contractions cardiaques.
  • Les IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion) : entraînent une vasodilatation.
  • Les sartans ou antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA) : il empêchent les artères de se contracter.

Dans la plupart des cas, le médecin prescrit un traitement initial puis revoit son patient après une certaine période pour ajuster la posologie ou changer de médicaments après avoir évalué l’efficacité du traitement. Des associations médicamenteuses peuvent être utilisées pour traiter des HTA qui ne répondent pas à une monothérapie.

L’objectif est d’obtenir les chiffres tensionnels satisfaisants en utilisant la plus petite dose de médicament possible. On appelle cette dernière « la dose minimale efficace ». Ceci pour minimiser les effets indésirables des différents médicaments.

A propos de l'auteur:

KatiaRédactrice spécialisée dans la linguistique médicale, Katia contribue à vulgariser les informations sur la santé dentaire afin de les rendre accessibles à tous sur le site de nutrident.fr.

 

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